155 BPM est le récit de la transformation d’un rapport au plaisir.Par plaisir, on entend à la fois le plaisir-satisfaction, effet de la réalisation d’un désir préalable, et le plaisir-évènement, qui est imprévisible puisque précédé d’aucuns désirs.Ces deux formes de plaisir impliquent un rapport différent à l’ordre du monde. Le premier, plus conservateur, suppose une stabilité. Le second, en revanche, entretient un rapport subversif au réel. En faisant l’expérience d’un dépassement des attentes, d’une déviation, il est une véritable force révolutionnaire. La rave est un espace privilégié de plaisir-évènement.
Par son lieu, qu’elle détourne en inventant de nouvelles formes de sociabilités. Par sa musique, dont l’histoire est intimement liée aux minorités racisées, de genres ,et de classes. Par son esprit, collectif, et la transe qu’elle propose, en fondant l’individu dans une joie collective. Puisqu’elle est subversive, la rave fait l’objet d’oppressions croissantes de la part du pouvoir politique. De multiples lois en entravent l’organisation, voire même l’interdisent. Elle doit alors se reformer dans un espace privé, assujetti à l’ordre économique et social, redevenant plaisir-satisfaction.

155 BPM est le récit du surgissement imprévu du plaisir-évènement dans la vie de l’être humain, au cours de la rave réadaptée. En racontant cette expérience, de ses premiers pas encore ancrés dans l’ordre du monde jusqu’au bout de la joie collective, 155 BPM donne à voir la force révolutionnaire et émancipatrice de la rave, contre toutes les formes de dominations économiques et sociales.
155 BPM est une ode à la collectivité et au partage, éminemment festive, nécessairement politique.
